Tout homme est une histoire sacrée

Je vous propose ce remarquable article hommage à la mémoire de notre vedette qui nous aura accompagné près d’un demi siècle Johnny Hallyday dont vous pouvez trouver ici la référence:

 

En méditant sur les funérailles spectaculaires de Johnny Hallyday hier, plusieurs pensées ont traversé l’auteur:

  • La tentation est grande pour un catholique de gloser hautainement sur ce monde païen vénérant l’une de ses idoles. Pourtant je n’y cède pas. Ne serait-ce que parce que parmi ces milliers de braves gens qui se sont déplacés, venant parfois de loin, et ayant bravé le froid et les intempéries, il y avait des catholiques. Ensuite, parce qu’on sentait quelque chose de profondément humain dans cet hommage populaire, quelque chose de grand et de beau – je dirais : de surnaturel. Toute expérience de communion dans l’amour me paraît surnaturelle en effet et trouver sa source en Dieu qui est communion d’Amour.
  • Nous ne pleurions pas qu’un chanteur. Nous pleurions un homme – que nous connaissions un peu, par ses œuvres et par les informations sur sa vie qui nous parvenaient par les médias. « Tout homme est une histoire sacrée » chante l’ Eglise – « l’homme est à l’image de Dieu ». La fin d’une vie humaine est toujours un scandale, une violence horrible – car notre nature n’est pas faite pour la mort. Quand un homme meurt, c’est l’humanité qui est ébranlée dans ses fondements. Et le sentiment est décuplé lorsque c’est un proche que l’on perd, ou un personnage connu qui a compté pour nous – de quelque manière. C’est alors une part de nous-même qui est atteinte.
  • Il me semble donc que nous pleurions aussi sur notre condition mortelle. Pathétique fut le cri déchirant de Michel Drucker, le soir de la mort de l’artiste : « Tu aurais pu vivre encore un peu, Johnny ». Comme si cela dépendait de lui. En dépit de notre finitude – que nous savons pourtant – nous restons interdits devant la mort. Nous ne nous y habituons pas. Elle s’invite toujours comme une intruse. Elle provoque toujours la même sidération, la même incompréhension.
  • Puisque tout homme est une histoire sacrée, toute fin de vie devrait bouleverser la terre entière. Ce qui est anormal, ce n’est pas la grandiloquence de la célébration d’hier. Au contraire, toute vie devrait s’achever dans la liesse, dans la ferveur, dans les mercis au défunt, dans la communion des vivants célébrant la vie de celui qui est parti. Non, ce qui est anormal, c’est bien plutôt que l’on puisse mourir sur cette terre dans l’indifférence et la solitude.
  • Cela dit, je suis persuadé que Johnny Hallyday a été célébré hier sur la terre comme chaque défunt – même de la plus humble des conditions – est célébré au ciel lorsqu’il franchit le seuil du Paradis. Chacun de nous sera glorifié au ciel comme Johnny a été glorifié hier sur la terre – et bien davantage. Tous les saints nous y attendent, et il m’est certain que nous y serons accueillis par une foule innombrable dans les acclamations, la joie et la fête : « Bravo frère/soeur ! Tu y es arrivé ! Tu as réussi ! Tu as surmonté la grande épreuve ! Louange à toi ! Bienvenu dans la Maison du Père ! Nous t’attendions avec inquiétude et espérance ! Et voici que tu es là, enfin ! Viens maintenant célébrer la vie qui ne finit pas ! Viens chanter ton Seigneur et Sauveur ! Viens retrouver les tiens, ceux que tu as pleurés et qui t’ont tant manqués : ils sont là ! Viens découvrir aussi tes frères et sœurs que tu ne connais pas encore et qui n’ont cessé d’intercéder pour toi afin que tu parviennes jusqu’ici. »
  • « Si vous aviez la foi aussi grosse qu’une graine de moutarde », dit Jésus – la graine de moutarde étant la plus petite de toutes les graines – vous accompliriez des signes grandioses, des miracles. N’est-ce pas à cela que nous avons assisté hier ? La foi de Johnny était sans doute rudimentaire, instinctive. Mais elle était. Et cela lui a valu une cérémonie religieuse exceptionnelle, à laquelle des millions de français ont assisté (et c’est là le miracle). Qui sait les fruits de grâces qu’elle pourra bien apporter ? Je me souviens de ma première émotion mystique, quelques mois avant ma conversion : c’était à l’occasion des obsèques de Lady Diana. Je fus saisi par la beauté de la liturgie, le caractère céleste des chants. Ce fut le début d’une grande aventure avec Dieu.

 

Leave A Response

* Denotes Required Field